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Les 10 phares incontournables de Géorgie

La Géorgie, petit pays du Caucase baigné par la mer Noire, possède une façade maritime qui, malgré sa modeste longueur d'environ 310 kilomètres, a nécessité dès le XIXe siècle un système de balisage lumineux rigoureux. Les côtes géorgiennes sont exposées aux tempêtes d'automne qui balaient le bassin oriental de la mer Noire, et les estuaires limoneux de la Rioni et de l'Ingouri créent des hauts-fonds mobiles dangereux pour la navigation commerciale. L'ère impériale russe a laissé plusieurs tours remarquables le long de cette côte, auxquelles se sont ajoutés des ouvrages soviétiques puis, après l'indépendance de 1991, quelques rénovations soutenues par des fonds européens. Aujourd'hui, la plupart des phares géorgiens sont automatisés et gérés par l'Agence nationale du transport maritime, mais leur valeur patrimoniale commence à être reconnue, et certains ouvrent leurs portes aux visiteurs.

1. Phare de Poti, Poti

Érigé en 1864 sur les instructions de l'administration maritime impériale russe, le phare de Poti se dresse à l'embouchure de la Rioni, le plus grand fleuve de Géorgie occidentale. La tour cylindrique en briques rouges mesure 25 mètres de hauteur et porte un feu à occultations toutes les cinq secondes, visible à 14 milles nautiques. Sa mission première est de signaler l'entrée du port commercial de Poti, principal débouché maritime du pays, et les bancs de sable instables formés par les alluvions fluviales. Le phare a subi d'importantes réparations après les dommages causés par le conflit de 2008 dans les zones portuaires voisines. Il est actif et automatisé ; l'accès au pied de la tour est possible depuis les quais.

2. Phare de Batumi, Batumi

Le phare de Batumi occupe la jetée nord de l'un des ports les plus actifs de la mer Noire orientale. Construit en 1863 puis reconstruit dans sa forme actuelle en 1882, il présente une tour tronconique blanche de 18 mètres surmontée d'une lanterne en fonte. Son feu isophase blanc et rouge émet toutes les quatre secondes et porte à 12 milles nautiques, guidant les navires entre les hauts-fonds de l'avant-port et les rochers de la côte adjare. Batumi est devenu une destination touristique animée, et la promenade du bord de mer longe la jetée jusqu'à la tour, dont l'extérieur est librement accessible. La meilleure lumière photographique se trouve en soirée, lorsque la tour se découpe sur les reliefs boisés du Petit Caucase.

3. Phare de Soukhoumi, Soukhoumi (Abkhazie)

Soukhoumi, capitale de l'Abkhazie, abrite un phare construit en 1861 sur le promontoire qui ferme la baie de Soukhoumi au nord. La tour octogonale en pierre de taille, haute de 37 mètres, est l'une des plus imposantes de toute la côte du Caucase. Son feu à éclats blancs toutes les dix secondes portait jadis à 20 milles nautiques, couvrant l'approche de la rade ouverte exposée aux vents du nord-ouest. Le phare a subi des dommages lors du conflit armé de 1992-1993 qui a conduit à l'indépendance de facto de l'Abkhazie, et son statut opérationnel actuel reste difficile à confirmer en raison de l'isolement de la région. Pour les visiteurs qui se rendent à Soukhoumi par voie terrestre depuis la Russie, la tour reste un repère visuel saisissant depuis le front de mer.

4. Phare d'Anaklia, Anaklia

Anaklia se trouve à l'embouchure de l'Enguri, fleuve qui marque la frontière administrative entre la Géorgie et l'Abkhazie. Le petit phare d'Anaklia, une tour métallique tubulaire d'une quinzaine de mètres installée dans les années 1960 à l'époque soviétique, marque le chenal nord d'accès à la zone côtière et signale les bancs d'alluvions qui s'avancent loin en mer. Le secteur fait l'objet depuis plusieurs années d'un ambitieux projet de port en eau profonde ; les travaux d'infrastructure ont par moments mis en doute la pérennité du balisage actuel. Le site est accessible depuis la petite station balnéaire d'Anaklia, populaire auprès des Géorgiens en été pour ses plages de galets et de sable.

5. Phare de Kobuleti, Kobuleti

Kobuleti est la principale station balnéaire de la région adjare après Batumi. Son phare, une tour blanche en béton armé de 22 mètres construite en 1937 sous l'administration soviétique, marque la côte plate et peu accidentée au nord de Batumi, où les fonds sableux peu profonds constituent un danger pour les embarcations qui cherchent à s'approcher de la plage. Le feu émet des éclats blancs toutes les huit secondes et porte à 10 milles nautiques. Automatisé depuis les années 1990, le phare appartient aujourd'hui à l'agence maritime géorgienne. Il se visite facilement depuis le front de mer de Kobuleti, à quelques pas des hôtels de bord de plage.

6. Phare de Kulevi, Kulevi

Le phare de Kulevi se trouve à l'embouchure du Tskhenis-Tskali, quelques kilomètres au nord de Poti, dans une zone dominée par le grand terminal pétrolier de Kulevi, construit dans les années 2000. La tour d'acier galvanisé de 30 mètres, installée lors de la construction du terminal, assure le guidage des pétroliers vers les bouées de chargement au large. Son feu à éclats rapides est visible à 12 milles nautiques. La zone du terminal est réglementée et l'accès au pied du phare est limité pour les visiteurs civils, mais la tour est clairement visible depuis la route côtière M6 qui relie Poti à Soukhoumi.

7. Phare de Supsa, Supsa

À l'embouchure de la Supsa, troisième grand cours d'eau côtier de Géorgie occidentale, un feu de port marque le chenal depuis l'époque soviétique. La structure actuelle, une tour treillis métallique, date de la réhabilitation du terminal pétrolier de Supsa à la fin des années 1990 — terminal qui exporte le brut de la mer Caspienne arrivant par l'oléoduc Bakou-Supsa. Le feu isophase vert guide les pétroliers vers les bouées de chargement et signale les hauts-fonds limoneux de l'embouchure. Comme à Kulevi, les abords immédiats du terminal sont contrôlés, mais la tour est visible depuis la route côtière.

8. Phare de Mtsvane Kontskhi, Poti (cap vert)

Mtsvane Kontskhi, littéralement «cap vert» en géorgien, est le promontoire bas et boisé qui s'avance dans la mer Noire juste au nord de Poti. Un feu de signalisation y a été établi à la fin du XIXe siècle pour compléter le phare principal de Poti et couvrir le secteur nord de l'approche du port. La tour actuelle, d'une dizaine de mètres, est en béton peint en blanc et porte un feu à secteurs qui distingue les eaux sûres des hauts-fonds. Le cap est planté d'une forêt de chênes et de palmes et constitue une réserve naturelle, accessible à pied depuis Poti par un chemin forestier d'environ trois kilomètres.

9. Phare de Chakvi, Chakvi

Chakvi est un bourg côtier entre Batumi et Kobuleti, connu pour ses plantations de thé qui descendent jusqu'au bord de mer. Le feu de Chakvi, installé sur une petite jetée, signale la zone de mouillage des barques de pêche locales et le récif rocheux qui affleure à 400 mètres au large. La tour, une structure métallique légère de sept mètres peinte en rouge et blanc, émet un feu isophase rouge toutes les trois secondes. Elle ne figure pas dans tous les ouvrages de référence mais est répertoriée dans la liste des aides à la navigation de l'agence maritime géorgienne. L'accès est aisé depuis la plage de Chakvi.

10. Phare de Tsikhisdziri, Tsikhisdziri

Tsikhisdziri, entre Kobuleti et Batumi, abrite les vestiges d'une forteresse byzantine sur un promontoire rocheux dominant la mer. Un feu de balisage y a été établi à l'époque soviétique pour signaler ce cap aux navires longeant la côte adjare vers le nord. La tour, modeste structure métallique, marque également l'anse dans laquelle mouillent des embarcations de pêche. Le site est surtout visité pour ses ruines archéologiques et la forêt côtière de chênes de Colchide qui l'entoure, classée zone protégée. Une route secondaire balisée depuis la voie express côtière mène au promontoire.

Informations pratiques

La côte géorgienne est accessible toute l'année, mais les mois de mai à octobre offrent les meilleures conditions météorologiques. La route M6 longe pratiquement l'ensemble du littoral et permet de relier les différents phares en voiture depuis Batumi ou Poti. Les phares appartenant à l'Agence nationale du transport maritime ne sont généralement pas ouverts au public de manière formelle, mais les tours situées sur les jetées ou les promenades publiques sont accessibles librement. Pour les sites en zone de terminal pétrolier (Kulevi, Supsa), il est conseillé de se contenter de les observer depuis la route. Ouvrez la carte pour localiser l'ensemble des phares géorgiens et planifier votre itinéraire le long de la mer Noire.