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Les 10 phares incontournables de Colombie

La Colombie est l'un des rares pays au monde à posséder des côtes sur deux océans distincts : l'Atlantique à l'ouest, avec la mer des Caraïbes, et le Pacifique à l'est — bien que la convention géographique espagnole désigne la mer Caraïbe comme la côte nord. La Direction générale maritime (DIMAR) de la Marine nationale colombienne administre l'ensemble des phares et aides à la navigation du pays. La tradition de balisage des côtes colombiennes remonte à l'époque coloniale espagnole, mais la plupart des phares actuels datent du XIXe siècle ou de la première moitié du XXe.

1. Phare de Tierra Bomba, Cartagena de Indias

L'île de Tierra Bomba ferme la baie de Cartagena et son phare, construit en 1874 sur la pointe septentrionale de l'île, est l'un des plus importants de la côte Caraïbe colombienne. La tour octogonale en béton de vingt-huit mètres est peinte en blanc et rouge. Son feu blanc à trois éclats toutes les vingt secondes est visible à dix-neuf milles nautiques, guidant les navires vers l'entrée de la baie depuis le nord-ouest. Le site est géré par la Marine nationale ; l'accès à l'île est possible en bateau-taxi depuis le port de Cartagena en dix minutes.

2. Phare de Punta Hermosa, Santa Marta

Construit en 1921 à l'entrée du port de Santa Marta, au pied de la Sierra Nevada, le phare de Punta Hermosa est une tour cylindrique en maçonnerie de calcaire de dix-neuf mètres. Son feu blanc occultant de quatre secondes est visible à seize milles nautiques. Santa Marta est le plus ancien port continu d'Amérique du Sud fondé par les Espagnols, en 1525, et la permanence du balisage de son accès reflète son importance commerciale ininterrompue. Le phare est actif et appartient à la DIMAR.

3. Phare de Johnny Cay, San Andrés

L'archipel de San Andrés, Providencia et Santa Catalina est un territoire colombien isolé au coeur de la mer des Caraïbes, à plus de sept cents kilomètres des côtes continentales et à seulement deux cents kilomètres du Nicaragua. Le petit phare de Johnny Cay, un îlot corallien à cinq kilomètres de l'île principale de San Andrés, date de 1953. La tour métallique de neuf mètres peinte en rouge et blanc émet un feu blanc à deux éclats toutes les dix secondes, visible à douze milles nautiques. L'îlot est une réserve naturelle accessible aux touristes par bateau depuis San Andrés ; la baignade sur la plage de sable blanc autour du phare est l'attraction principale.

4. Phare de Castillogrande, Cartagena

À l'intérieur de la baie de Cartagena, le phare de Castillogrande marque la limite du chenal d'accès au terminal pétrolier et au port commercial. La tour métallique de quatorze mètres installée sur la pointe de Castillogrande date de 1935. Son feu vert isophase de deux secondes est visible à dix milles nautiques. Castillogrande est aujourd'hui le quartier résidentiel le plus huppé de Cartagena, une presqu'île étroite construite sur ce qui était jadis un bras de mer.

5. Phare de la Isla de Providencia

Sur l'île de Providencia, à cent kilomètres au nord de San Andrés, un phare de fer fonte de quatorze mètres construit en 1920 sur le Morro, l'îlot rocheux qui ferme le lagon nord de l'île. Son feu blanc à deux éclats toutes les douze secondes guide les pêcheurs et les voiliers dans le lagon aux eaux turquoise de Providencia, l'un des moins développés et des mieux préservés des Caraïbes. L'île est accessible par vol domestique depuis Bogotá ou San Andrés.

6. Phare de Barranquilla, Bocas de Ceniza

À Bocas de Ceniza, là où le fleuve Magdalena — le plus grand fleuve de Colombie — se jette dans la mer Caraïbe à la hauteur de Barranquilla, deux digues de béton s'avancent dans l'Atlantique sur plusieurs kilomètres. Le phare à l'extrémité de la digue est une tour cylindrique en béton de vingt-deux mètres construite en 1960. Son feu blanc isophase de quatre secondes est visible à dix-sept milles nautiques. L'accès aux digues est possible par une navette ferroviaire touristique depuis Barranquilla, offrant une vue saisissante sur l'embouchure du fleuve et la mer.

7. Phare de Coveñas

Le terminal pétrolier de Coveñas, sur la côte du golfe de Morrosquillo, est le principal point d'exportation de pétrole brut de Colombie. Le phare installé sur la jetée de chargement date de 1961 ; la tour métallique de dix-sept mètres émet un feu rouge à deux éclats toutes les huit secondes, visible à quatorze milles nautiques. Ce n'est pas un phare à vocation touristique, mais il est visible depuis la plage de Coveñas, station balnéaire colombienne appréciée des familles.

8. Phare de Tumaco, Côte Pacifique

Sur la côte Pacifique, le port de Tumaco dans le département de Nariño est le principal port commercial du Pacifique colombien méridional. Le phare construit à l'entrée du chenal en 1940 est une tour cylindrique en béton de seize mètres. Son feu blanc à trois éclats toutes les quinze secondes est visible à quinze milles nautiques. La côte Pacifique colombienne est l'une des zones de forte pluviométrie du monde — plus de huit mille millimètres par an à certains endroits — et les conditions de navigation y sont particulièrement difficiles, rendant les phares indispensables.

9. Phare de Buenaventura

Buenaventura est le port le plus important de Colombie en volume de marchandises, traitant plus de la moitié des importations du pays. Le phare qui balise l'entrée de la baie depuis le cap Corrientes, au nord, date de 1912. La tour hexagonale en maçonnerie de vingt-quatre mètres émet un feu blanc occultant de six secondes visible à vingt milles nautiques. Le cape Corrientes est également le point de divergence de la contre-courant Nord Équatorial et du courant de Colombie, ce qui en fait un repère hydrologique important en plus de sa signification comme aide à la navigation.

10. Phare de Riohacha, Guajira

À l'extrémité nord-est de la péninsule de la Guajira, la ville de Riohacha abrite un phare construit en 1895 à l'entrée de son port, l'un des premiers phares installés sur la côte caraïbe colombienne. La tour cylindrique en brique de dix-sept mètres, repeinte en blanc, émet un feu blanc à deux éclats toutes les dix secondes visible à seize milles nautiques. Riohacha est la porte d'entrée du peuple wayuu, la plus grande communauté autochtone de Colombie, et ses marchés et tissages constituent une attraction touristique importante en marge de la visite du phare.

Informations pratiques

La plupart des phares colombiens sont des installations militaires gérées par la DIMAR et ne sont pas formellement ouverts au public. Les phares les plus accessibles pour les visiteurs indépendants sont ceux de Johnny Cay (accessible en bateau depuis San Andrés) et de Tierra Bomba (bateau-taxi depuis Cartagena). La période la plus favorable pour visiter la côte Caraïbe est la saison sèche, de décembre à avril. La côte Pacifique, en raison de ses précipitations quasi continues, est plus difficile à explorer de manière autonome.

Pour localiser tous les phares de Colombie sur les deux côtes du pays, ouvrez la carte.